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Revue des blogs pour La commissaire n'aime point les vers

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Travailler sous les ordres [de la commissaire] ne doit pas être marrant tous les jours... Mais Georges Flipo fait preuve de tellement d'humour dans la façon de décrire ce personnage qu'il m'aurait presque donné envie de la rencontrer. A lire donc, pour les personnages mais aussi pour l'intrigue et la critique des médias.

Tous les ingrédients du genre sont là pour nous alpaguer. On se laisse attraper avec plaisir.

Flipo s’empare des règles du genre (meurtres, enquête, fausses pistes, action, résolution finale) qu’il mêle au style drôle et précis que nous lui connaissons.

La commissaire n’aime point les vers ressemble à un policier de Georges Simenon raconté par Daniel Pennac. C’est totalement loufoque, truculent, improbable, et pourtant l’intrigue est ciselée, sans la moindre fausse note.

Bloghotel, 8 avril
... un régal pour le lecteur. Humour, souvent noir, seconds rôles hauts en couleur, un adjoint quasi lymphatique, cette histoire se lit en long sans le moindre ennui.

...ce livre respire la bonne écriture et l'intelligence, n'ayons pas peur de le dire. L'écriture est enlevée et soignée, les personnages sont taillés à la perfection et les clins d'oeil acerbes sur la société jalonnent le récit et le rendent goûteux.

Pimprenelle (Les carnets de lecture de Pimprenelle) 4 avril
J'ai bien évidemment apprécié toutes ces références littéraires mais j'ai surtout été bluffée par la construction de l'intrigue.

JM Laherrère (Actu du noir) 30 mars
Une histoire bien troussée, en rencontrant des personnages hauts en couleur, le tout agrémenté d'une plume vive et alerte.

FAL (Boojum) mars 2010
Tout en étant de bout en bout d'une drôlerie absolue, [ c' ] est un roman qui pose donc à chaque page la question toujours très complexe du rapport entre la réalité et les mots.

Une commissaire toujours au régime, acariâtre, flanquée d'un adjoint lettré, sexy et gaffeur,  une enquête très… littéraire ; le tout donne un polar sarcastique, enlevé et souvent fort drôle.

J'ai trouvé ce roman très agréable à lire en raison de son ton humoristique. Le regard plein de dérision de l'auteur sur la responsable de l'enquête, la commissaire Lantier, et la naïveté du jeune lieutenant Monot, m'ont en effet franchement amusé.

Je tire mon chapeau à l'auteur. Je ne savais pas que l'on pouvait allier tant de légèreté avec une trame policière qui tienne aussi bien la route.

L'écriture est nerveuse et rapide, l'auteur soigne les détails (utiles), a de l'humour, et à aucun moment le lecteur ne peut prendre l'action en défaut, c'est donc un très bon polar

Le plaisir que j'ai pris à lire ce livre tient dans la personnalité de cette commissaire et la relation avec son adjoint. C'est plein d'humour et de sentiments, mais surtout cela sonne vrai

D'un mot, d'un trait : Jubilatoire.  Oh, il s'agit bien d'un polar, d'un polar français, doté de personnages attachants, d'un scénario curieux et travaillé, de rebondissements, de quelques meurtres inquiétants.

L'écrivain qui semble s'amuser quand il écrit détourne les codes du genre, nous fait rire à - presque - chaque ligne, et brosse des personnages chaleureux, drôles et insolites.

Bookingdom (15 mars)
Une écriture très réaliste, très vivifiante, très limpide, pleine d'humour. On suit cette affaire comme si elle nous était proche, connue, familière... pour notre plus grand bonheur

C'est là tout le talent de G. Flipo : une capacité à tenir nos sens en éveil et une faculté à nous faire percevoir au delà du roman le bruit que fait en nous la vie.

Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un polar avec un tel enthousiasme ! "La commissaire n'aime pas les vers" m'a beaucoup plu et je vous livre mon billet...

Un livre comme je les aime, un polar qui coule tout seul, une enquête pleine de rebondissements... qui allie avec brio la lecture (au sens large du thème) et le polar.

Un roman très agréable à lire, plein d'humour, de clins d'oeil littéraires et quelques détournements des codes du roman policier. L'intrigue est efficace, les rebondissements maîtrisés...

... j'attends avec impatience de retrouver les personnages dans un deuxième tome ! Et je suis d'accord avec plusieurs autres blogueurs, ce livre est tellement vivant et "visuel" qu'on imagine automatiquement ce qu'il pourrait devenir en téléfilm.

Antigone (Les écrits d'Antigone) (16 février)
Je me suis beaucoup amusée à lire ce roman policier, voilà qui est dit. J'ai même ri tout haut des réflexions de notre commissaire plus préoccupée de rentrer dans son tailleur rose que de mener à bien son enquête.

... une galerie de personnages dont l'auteur nous croque les portraits avec un talent jubilatoire : flics, témoins, victimes, gangsters, experts, dircom, mediums, bourgeois, bonnes, et autres agents du service public.

... l'action ne manque pas, on ne s'ennuie pas une seconde jusqu'à la résolution de l'énigme. Le point fort de ce roman policier est l'humour et le mordant constamment présents et le tandem, j'allais dire le couple Viviane-Augustin.

Le livre de Georges Flipo est un policier d'abord, l'humour vient ensuite, davantage au travers des personnages que des situations, et cela lui réussit plutôt... j'ai apprécié les portraits des protagonistes, car l'auteur excelle à dépeindre ses personnages...

Dany sur Obiwi, Le défi polar  (8 février)
On suit avec plaisir les interrogations de Monot et Lancier et on espère les retrouver bien vite pour de nouvelles enquêtes.

Happy Few (Fashion) (8 février)
... comme toujours chez Georges Flipo, une galerie de personnages tous plus allumés les uns que les autres, un sens certain de l'observation des travers humains et une plume drôle et ironique qui égratigne tout le monde...

Le tempo est parfait, l'intrigue impeccable, le ton sarcastique à souhait et Viviane, finalement, a de la trempe, de la gnaque et du bon sens, on se laisse faire les yeux fermés... on n'a pas tellement l'occasion de rire aux larmes, ces temps-ci.

Avec un humour et un mordant à toute épreuve, Georges Flipo renouvelle avec talent le genre policier. Avec lui, aucun temps mort, mais au contraire une écriture vive et alerte qui nous réjouit et parvient même à nous faire rire...

Livres pour vous (7 février)
Le rythme de ce roman policier est bon, il n'y a pas de temps mort. Peut-être de-ci, de-là une petite faiblesse stylistique mais je chipote et c'est pour dire. C'est agréable comme une bonne série française, c'est bien construit...

La Mère Castor (5 février)
Écrit avec humour et finesse, riche en personnages bien tournés, ce polar savant à base de poésie nous embarque dans l'enquête sur le meurtre d'un clochard, admirateur et sosie de Victor Hugo.

On plonge avec délectation et forts gloussements de rires dans ce policier un peu particulier où les lettres sont à l'honneur et tuent aussi sûrement que des armes de poing.

Cathulu, Des bouquins, des bestioles, du bric à brac  (5 février)
Assistée du très craquant lieutenant Augustin, Viviane Lancier, entre deux régimes et quelques cadavres, mène l'enquête et nous devient de plus en plus sympathique, volant même parfois la vedette à l'intrigue ,au demeurant fort bien troussée et documentée.

Dialogues tirés au cordeau, style direct, humour caustique, pas le temps de souffler! L'enquête est menée tambour battant, avec les suspects et fausses pistes classiques, un brin de romantisme, des méthodes parfois étonnantes et un peu de chance aussi...

Leiloona, Bric-à-book  (4 février)
Là est la grande force du roman : nous faire sourire finement d'une situation qui ne l'est pas, et ce sans tomber dans les descriptions sanguinolentes de certains policiers. Le suspens est tout de même maintenu...

Lou, My Lou Book  (4 février)
Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée...

On retrouve l'humour ravageur et la fine plume de l'auteur et je défie quiconque de résister à la tentation du premier chapitre. Cette histoire policière multiplie les personnages atypiques et les situations farfelues.

Yv, Lyvres (4 février)
Un roman policier littéraire ? Vous en rêviez, G. Flipo l'a fait ! Un vrai régal de lecture pour qui aime l'un des genres ou les deux réunis. Un mort qui se prend pour Victor Hugo, un lieutenant connaisseur de Baudelaire, l'Académie Française en cause...

J'ai bien aimé le style de l'auteur, simple, rehaussé d'humour et de dérision, l'histoire bien ancrée dans notre époque, l'ambiance de ce roman en rend la lecture très détendante. Ça peut paraître bizarre de dire ça mais on s'y sent incroyablement à l'aise...

... L’humour est au rendez-vous et l’intrigue, bien que farfelue, tient en haleine. L’originalité du roman tient à la personnalité des personnages principaux, attachants et humains
  
Quelques extraits de "La Commissaire n'aime point les vers"

Elle lut à haute voix :
Ce vendredi 18 janvier vers onze heures, je revenais avec mon « partner », d'une livraison de brochures rue de Turbigo. Ah bon, ils disent un partner, maintenant ? Il est gay, votre Gérald ?
Elle jeta au lieutenant Monot un regard scrutateur, histoire de le situer. Mais il lui renvoya exactement le même regard.
-  Le partner, c'est la camionnette Peugeot, vous savez…
-  Ah oui, bien sûr… J'empruntais le Pont Neuf, presque désert tant le froid était vif, pour gagner la rive gauche quand, devant moi, sur le trottoir, mon attention fut attirée par deux individus au comportement suspect. Il a vraiment parlé comme ça, votre Gérald Tantlefroidétaitvif ? Je vous l'ai déjà dit, il faut prendre une déposition, pas la récrire. C'est un boulot de dactylo, pas de littéraire. Compris, Monot ?
Le lieutenant hocha la tête, piteux. Il était trop mignon, le pauvre chéri, il donnait envie de le consoler contre soi, de le serrer bien fort.
                                                  
* * *

  La neige avait fondu, le froid était resté. Viviane sortit quand même son ensemble Caroll pour aller à l'Académie. C'était ridicule et c'était rose, mais elle se l'était offert l'été précédent et ne le portait jamais, ce qui était encore plus ridicule. En l'achetant, elle avait imaginé des petits dîners tendres. Oh, pas avec des chandelles, juste des petits dîners où on lui aurait pris la main au dessert. Mauvais investissement, il n'y avait pas eu de dîners enamourés. Plus d'élans du cœur depuis Ludovic, ce connard de Ludovic.
Elle tenta d'enfiler le pantalon. Ça passait presque, mais elle dut renoncer : les hanches coinçaient, bien sûr. La commissaire se sentit envahie par une bouffée de détestation envers les femmes qui grossissaient des cuisses, elles avaient trop de chance, ça se voyait moins ; puis envers les femmes qui s'empiffraient sans grossir, le monde était injuste. Elle sortit une bonne vieille tenue informe de tous les jours, et la compléta par ses petits souliers gris qui feraient quand même plus habillés pour rencontrer des académiciens.

* * *

  Elle sonna et attendit, un peu intimidée : elle ne voyait guère comment expliquer la situation. Un petit homme caché sous un béret vint ouvrir. Une caricature de concierge, le genre de type avec qui il fallait parler le français de tous les jours :
-  Je suis la commissaire…
Et elle s'arrêta, perturbée. Non, ce la commissaire serait peut-être jugé trop féminisant, une erreur en ces lieux de purisme.
-  Je suis le commissaire…
Le concierge la regarda, inquiet, il ne devait pas aimer les travelos.
-  Je dois vous apporter ceci.
Elle lui montra l'enveloppe et le petit homme la lut, soupçonneux :
-  Aux bons soins de Victor Hugo… Je ne sais pas si vous êtes le commissaire ou la commissaire, mais vous n'êtes pas Victor Hugo.
-  Oui, oui, comme il est mort, je suis venue à sa place.
Le petit homme jeta un regard sur le trottoir d'en face et sembla chercher la caméra cachée, il fallait dissiper le malentendu :
-  Victor Hugo, on l'a assassiné, le pauvre.
Le concierge lui adressa un sourire paniqué, et referma doucement la porte. Viviane sortit sa carte Police barrée de tricolore. Même en ces lieux, ça faisait de l'effet. Elle agita l'enveloppe.
-  Je dois simplement remettre ce courrier au Prince des Poètes. C'est bien ici ?
Il y avait dans le regard de l'homme l'effroi du civilisé face à la folie barbare. Il mourait d'envie de verrouiller la porte.

                                                    

* * *

 -  Ce n'est pas fini, poursuivit Monot, avec un sourire prometteur :
Nu sur le lit m'attend le corps noir et puissant
D'une esclave à l'œil las, délivrant sa chair veule.
Sous sa bouche corail frémit, se cambre et feule
Une vestale juive au saphisme innocent.
La caméra revint sur la présentatrice, qui cherchait ses mots :
-  Ce poème, c'est en quelque sorte… un appel à la mixité sociale entre communautés ethniques, c'est bien ça ?
-  Non, pas vraiment. Je vous lis la suite :
Hanches et seins blafards, ventre et cuisses d'ébène,
Ne sont plus qu'un grouillis de stupre et de désirs.
Ô temples entr'ouverts, ô fervente géhenne !
Le lieutenant Monot reprit son souffle, tendu comme s'il voyait l'esclave et la vestale entremêlées. Viviane en était tout émue.
-  Il nous faut concluer, interrompit la présentatrice.

* * *

-  Je veux vous parler de votre lieutenant, poursuivit la dircom, le jeune qui est passé hier soir à la télévision.
Viviane ouvrit compulsivement son tiroir, sans illusion : il ne restait plus de barres. Même pas de Twix ou de Bounty.
-  Je suis désolée, il n'était pas prévu que le lieutenant Monot se fasse interviewer, je vais vous expliquer.
-  Vous n'allez rien m'expliquer : l'imprévu a bien fait les choses. Il est formidable, votre lieutenant Monot, avec sa gueule d'amour et son sourire à la Brad Pitt. Notre ministre a flashé, moi aussi, nous en avons parlé avec le chef de cabinet : nous allons en faire le flic-emblème de la nouvelle police. Il casse tous les clichés du commissaire grand-père ou de l'enquêteur rouleur de mécaniques. Fin, cultivé, vous avez vu comment il le disait, son sonnet ? Ça nous boostera l'image de la police de papa.
Viviane reprit son souffle et convint qu'effectivement, Monot lisait assez bien les poèmes, c'était même ce qu'il faisait de mieux.

* * *

C'était une blonde à lunettes, d'un peu plus de quarante ans, très maquillée, comme pour adoucir le regard triste d'une personne qui fréquente trop les morts.
-  Alors, qui faut-il que j'appelle ? demanda-t-elle, bienveillante.
Viviane ne savait par qui commencer, elle avait peur de déranger les esprits. Elle sortit de son sac la photo de Pascal Mesneux, prise par Monot à la morgue.
-  Mais c'est Victor Hugo ! s'exclama Astrid, toute joyeuse.
-  Non, c'était un clochard : Pascal Mesneux. Il ressemblait à Victor Hugo, se faisait appeler Victor Hugo, mais ce n'était pas Victor Hugo.
-  Ah, dommage : je communique souvent avec les écrivains, et Victor Hugo est un des contacts les plus faciles. Parfois, il vient sans même qu'on l'appelle, et il n'y a plus moyen de le faire décoller.
Elle posa une main sur la photo et la caressa doucement. De l'autre, elle saisit un bloc et un stylo.

* * *
Viviane appela le Tout-Puissant [ le directeur de la Police Judiciaire ] sur son portable. Jamais elle n'avait osé, mais on ne se faisait pas assassiner tous les soirs. Il l'écoutait en haletant légèrement, il devait faire sa balade. Ou sous la couette en tentative d'activité ? Non, des aboiements s'y mêlaient, un peu trop lointains pour venir de la chambre : il était sorti promener sa chienne épagneule au bois.
Viviane lui relata sa soirée : le Tout-Puissant ne répondait pas sauf pour entrecouper le récit de « Darling, ne mordez pas la dame », « Darling, au pied », « Darling, ici, couchée ! ». Est-ce qu'il comprenait que c'était l'assassinat d'un officier qu'on était en train de lui raconter ? Oui, car il parla enfin. Les halètements cessaient : Darling devait avoir trouvé le lieu adéquat pour l'objet de cette promenade.
-  Eh bien, Viviane, ma position est claire - non, Darling, sur la route, là, pas dans l'herbe, sale fille - vous êtes plus que jamais en danger. Et Monot aussi. Allez chercher vos affaires chez vous sous bonne garde - non, madame, ma chienne n'est pas dégoûtante - et installez-vous dans cet hôtel, même chose pour Monot - là, bonne fifille - ce n'est pas trop cher ? C'est la maison qui paie, vous comprenez - calmez-vous, moi non plus je ne suis pas dégoûtant, j'ai un sac en plastique - Nous ferons garder l'entrée de l'hôtel par deux hommes en civil - évidemment, je la ramasse, madame, vous avez fini, Darling ? -  Je vous demanderai  - voilà, vous êtes contente ? - d'être très prudente avant de prendre tout nouveau contact - voilà, c'est bien et maintenant allez jouer - non, ce n'est pas à vous que je parle, madame. À vous non plus, Viviane, c'est à Darling, allez, filez, ma fille, n'embêtez pas le monsieur, excusez-la, elle est gamine. Et bien sûr, pas un mot à la presse.
Pas un mot ? Une tentative d'assassinat sur deux flics, c'était un sujet tabou ?

* * *
Et la commissaire est entrée dans ma vie...

  Même s'il m'arrive de la présenter comme le résultat d'une belle réflexion logique, l'idée d'écrire ce roman policier ne m'est venue que de façon confuse.
 
 Mon roman précédent, "Le film va faire un malheur", avait bénéficié d'un très bel accueil des médias, mais les résultats chiffrés n'avaient pas suivi - sans doute par manque de visibilité au point de vente. J'étais resté sur ma faim. A cela s'ajoutait une question qui m'avait été posée par quelques lecteurs et journalistes : "Avec le sujet que vous aviez, pourquoi n'en avez-vous pas fait un vrai polar ? ". Et la question me trottait dans la tête... l'appartenance à la catégorie polar était-elle la garantie d'une meilleure visibilité, de meilleurs chiffres ? "

  D'autant plus qu'un projet non abouti s'agitait dans mon tiroir. Un projet qui, à ce stade d'écriture, ne choisissait pas entre les trois familles du polar : l'enquête policière, le noir social, et le thriller (gore ou non).
 
  J'ai ouvert le tiroir pour reprendre toute l'intrigue et l'écriture en l'orientant dans le registre "enquête policière pure et dure". L'abandon des registres "noir" et "thriller" a été bénéfique : le ton, plus empreint d'humour, m'a finalement permis d'être plus noir (les mots peuvent être plus cruels quand ils sont dits avec un sourire) et l'intrigue en est sortie plus soutenue, plus vivante, car plus naturelle.
 
  C'est sur le conseil d'un libraire spécialiste du policier que j'ai envoyé le manuscrit de "La commissaire n'aime point les vers" à La Table Ronde, une maison dont la qualité des textes m'a toujours impressionné (ce n'est pas par hasard qu'elle a publié Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon, Jacques Laurent ou Jean Anouilh). Envoi peut-être absurde, alors qu'il s'agissait d'un roman policier. Mais c'était un roman policier littéraire : La Table Ronde m'a appelé dès le lendemain pour me proposer un rendez-vous.

  Je n'ai jamais su ce qui a pu leur plaire aussi immédiatement. Le personnage de la commissaire, avec ses souffrances féminines, ses soucis de surcharge pondérale, ses amours à vau-l'eau ? Celui de son lieutenant, aussi ahuri que charmant ? Le coeur de l'intrigue (un sonnet qui semble être un inédit de Baudelaire envoie à la morgue ceux qui s'y intéressent de trop près) ? L'écriture de ce sonnet m'a d'ailleurs donné deux mois de travail : il m'a fallu appeler en renfort une (vraie) poétesse, et deux spécialistes de Baudelaire, labellisés de l'Université. Quoi d'autre ? Le milieu des collectionneurs de manuscrits qui constituait le cadre de l'intrigue ? Le  ton pince sans rire ? 

  La commissaire semble avoir trouvé son public : elle a bénéficié d'un délicieux bouche à oreille, et l'accueil des blogs littéraires a été chaleureux. Les médias, presse , radio et télévision ont pris le relais. "La commissaire n'aime point les vers" a été sélectionnée ou finaliste pour plusieurs prix littéraires jouissant d'une belle réputation dans le monde du roman policier, dont le prestigieux Prix Polar (Cognac). Ce qui est très aimable, et rassurant pour le néo-auteur que je suis : ce roman a ainsi été accrédité comme un vrai polar.

  Les droits sont achetés pour traduction pour parution en Italie, en Espagne, en Pologne, en Allemagne. Un an plus tard, le roman est republié sous la prestigieuse griffe Folio. Et les ventes ont battu tous mes records.


Vous trouverez ci-dessous :

1. un survol des retombées presse


3. puis une sélection des billets dans les blogs littéraires
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